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Ariane et Simon sont envoyés sur Sercq par leur éditrice pour rédiger un essai sur les îles dans la littérature. Leur rencontre avec des personnages curieux, mystérieux va les amener à s'immerger dans la vie insulaire plus qu'ils n'en avaient l'intention. Et quand Madame Paille leur parle d'une île disparue, leur imagination s'emballe...

Voici un extrait du premier chapitre :

 

 

Pour une mouette, l’île vue du ciel offre ses contours, ses secrets, ses rondeurs. L’oiseau y cherche où se poser, repère une plage, une crique, un rocher. Formée de parcelles de vert, d’ocre ou de noir, de petites touches de rose et de pourpre, l’île a la forme d’un papillon qui déploie ses ailes sur la mer.

 

Jeanne Marie Paille a apporté une toile et ses peintures sur la terrasse de l’hôtel. Le serveur, en la voyant arriver, repart dans la cuisine. Quand il réapparaît sur la terrasse, il porte sur un plateau une théière, une tasse et un petit verre de rhum ambré. Madame Paille le salue d’un hochement de tête et continue à peindre la vue sur la mer, vers le Sud. Le serveur prend pour une lubie cette idée de vouloir toujours peindre ce coin de mer et de ciel, où rien, pas un rocher, ne vient gêner le regard. Mais les toiles de la doyenne de l’île sont pleines de couleurs, le ciel est doré, les nuages lourds de pluie, la mer est chatoyante. Le serveur ne voit pas tout cela. Parfois, il observe un peu mieux le tableau, il croit voir une terre à l’horizon, ou un monstre dans un nuage... Il retourne à sa cuisine.

 

Ce soir, Madame Paille est restée longtemps sur la terrasse de l’hôtel. Comme si elle attendait quelqu’un, une nouvelle ou peut-être un événement. Puis elle a rangé ses affaires, a bu d’un trait le verre de rhum, et est repartie chez elle. Elle a descendu le chemin vers le carrefour, c’est à ce carrefour que se dresse sa maison. Une belle maison de granit avec des volets rouges, posée comme une sentinelle à la croisée de trois chemins. Ces chemins mènent au village, ou vers l’hôtel, ou encore vers les criques de l’île, à cette heure, désertes.

 

Les toiles de la vieille peintre sont accrochées dans toute sa maison. Certaines sont posées dans un coin, sous l’escalier, alignées les unes derrière les autres, s’épaulant presque. Les couleurs sont vives, le pinceau a travaillé dans la matière, les mains de la peintre ont mélangé à même la toile le rouge et le noir. Des traînées d’ocre - les ajoncs, des pointes de rose - la bruyère, dessinent l’île comme une mosaïque, sur les murs de la maison.


Copyright Pascale Rousseau