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Kaleidoscope allemand

DES TEXTES SUR L'ALLEMAGNE; TELLE QUE JE LA VIS AU JOUR LE JOUR - UN CAFE, LE MARCHE DE NOEL, DES RENCONTRES, DES CROISEMENTS DE DESTIN, une Allemagne plurielle telle qu'on ne la connaît pas toujours...

Voici deux extraits :

 

Ferme les yeux. Sens-tu l’odeur du miel fondu sur la brioche ? Décèles-tu cette pincée de cannelle dans l’air ? Le poêle carrelé ronronne, comme un gros chat fourbu d’avoir couru toute la nuit. Tu t’es installée près de sa chaleur, palpable comme une étoffe de soie, qui t’enveloppe et te caresse.

Ouvre à présent les yeux, devant toi, une belle tasse blanche de chocolat chaud, avec de la crème fouettée dessus. Et tu as choisi, à la boulangerie attenante, un pain aux pavots, le miel dessus a fondu, et tu attends en prenant la première bouchée le picotement des graines noires sous ta langue, leur goût un peu acidulé.

Autour de toi, le café prend vie.  C’est le matin très tôt, il y a peu de monde, un ou deux hommes arrivent, prennent un café et peut-être un croissant. Ils s’installent dans un coin, ils ont posé leur chapeau sur la banquette verte, un chapeau avec une plume, comme un œil coquin. Ils ont tout de suite pris d’un geste large le journal accroché à sa baguette de bois et ils ont disparu, ils font le tour du monde, le tour du village et du clocher, en lisant les nouvelles. Le café est calme, on entend juste le choc des tasses dans la cuisine attenante et le brouhaha des voix dans la boulangerie.

La porte en bois grince un peu, l’entrée du café se fait par deux portes, l’une après l’autre, entre les deux, on se croirait dans un sas, comme s’il fallait apprendre à respirer un autre air. Finalement, tu te dis que c’est pour décompresser et entrer dans la douceur du café.

 

(...)

 

Extrait de Café Beckstein

 

(...)

L’allemand est entré en moi, parfois je ne sais pas quelle langue j’ai choisie pour écouter Arte, je ne fais plus la différence. Je commence à prendre pour naturelles certaines notions, et elles sont si intégrées en moi que je ne les remarque plus quand elles passent dans ma langue maternelle. Mais aussi, pourquoi vouloir se barricader contre les germanismes ? Je crois que je suis devenue une inconditionnelle du métissage. Bien sûr, tout de même, on lutte. On voudrait garder vivante et précise la langue de nos parents. Et on passe son temps à comparer.

 

On m’a toujours répété, ici, en Allemagne, que la langue française était la langue de l’amour. Je n’en sais plus rien et parfois même j’en doute un peu. J’écoute les Allemands utiliser toujours à bon escient, toujours en accord avec leurs sentiments, les différentes expressions et les verbes mis à leur disposition pour dire aimer… comme like et love en anglais. Nous, en français, nous disons je t’aime bien, je t’aime beaucoup, et bizarrement, le je t’aime tout court est le plus fort. En allemand, il y a mögen, gern haben, lieb haben et tous ces mots comme ich habe dich wirklich sehr gerne, qui n’est pas encore lieben, mais qui pourrait s’y rendre, dans quelques semaines, ou qui ne voudra pas en dépasser le seuil.

Moi, je ne jongle pas du tout correctement avec ces nuances, je me les répète, j’essaye de traduire par Je t’aime vraiment très fort et cela ne colle pas tout à fait, je risque de réagir avec trop de passion à un sentiment si justement exprimé, si clairement défini. Alors, de mon côté, j’affine mes paroles, dans ma langue je peaufine les mots d’amour, et j’écoute en moi-même les différents battements de mon cœur.

(...)

Extrait de Comparatiste

 

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